21.09.2006

Coût de l'immigration : les calculs occultés de 5 économistes renommés

Ces dix dernières années, trois études majeures ont été réalisées sur le coût de limmigration. Toutes trois arrivent aux mêmes conclusions: chaque année, les étrangers coûtent à la nation plus de 30 milliards deuros. Net de leur contribution à la société via impôts et cotisation sociales. Les auteurs sont loins dêtre des rigolos :

Pierre Milloz, haut fonctionnaire dont le curriculum vitae impose le respect[1], est un fin observateur de l'administration française, dont les études furent couronnées par la chancellerie des Universités de Paris (Prix Deschanel) et à deux reprises par l'Académie des sciences morales et politiques (prix René Cassin, prix Lucien Dupont). Autrement dit, sa rigueur et son sérieux ne sont pas à remettre en cause. En 1990 il publie un premier rapport intitulé « le Coût de l'immigration »[2] qui évalua à 211 milliards de francs le coût des étrangers (au sens administratif du terme) installés en France, pour la seule année 1989. En se basant sur les données officielles des recensements de l'Insee, des statistiques de l'éducation nationale, des caisses d'allocation familiales, de l'UNEDIC, de la CNAM, des statistiques du ministère des finances, il démontre implacablement le cheminement qu'il suit pour arriver à une conclusion très incorrecte pour l'établissement. Bien entendu, il prend en compte la richesse crée par les travailleurs immigrés dont le montant des impôts collectés, afin d'obtenir un différentiel de flux financiers. Lorsque le rapport est présenté à la presse, c'est l'affolement, d'autant plus que Milloz fait partie des économistes du Front National. Pierre Joxe, alors ministre de l'Intérieur, annonce à l'assemblée nationale qu'une contre expertise sera menée afin de démasquer une supposée supercherie, car bien entendu, selon le précepte toujours en vigueur, « l'immigration est une chance pour la France ». Le président du Haut Conseil à l'intégration annonça la mise en place d'un groupe de travail du Plan afin de disséquer le fameux rapport, pour publier ensuite un contre argumentaire pour démonter ce qui constituait une bombe politique . Mais ni le rapport annoncé au ministère de l'Intérieur, ni celui du Plan ne virent le jour. Les effets d'annonces restèrent vains. Et pour cause, le contenu du travail de Milloz se base sur des chiffres incontestables, car officiels. En 1997 il récidive en publiant une réactualisation de ses travaux prenant en compte l'année 1995. Dans son avant-propos il présente son étude :

« Quant à la manière de traiter le sujet, elle sera identique à celle qui avait été adoptée en 1989-1990. On examinera les statistiques relatives au nombre d'étrangers, les revenus de ces derniers, leur contribution financière au fonctionnement de notre société et le coût des avantages qu'ils obtiennent en contrepartie de cette contribution. On aboutira à la conclusion qu'ils sont au nombre de 6 600 000 et que, pour la seule année 1995, ils coûtent à la nation plus de 280 Mds F. »[3]

Dix ans plus tard, compte tenu des entrées d'étrangers sous qualifiés à rythme régulier et croissant , le chiffre de 280 milliards de francs, soit 42 milliards d'euro, est forcément en dessous de la réalité. Les centaines de milliers de naturalisations transformant les étrangers en français font logiquement baisser les chiffres, mais les dernières études montrent qu'ils sont toujours éloquents. S'appuyant notamment sur les travaux des professeurs d'économie Jacques Bichot[4] et Gérard Lafay, Yves-Marie Laulan[5] estima lors d'un colloque de l'Institut géopolitique des Populations, fin 2005, le coût de l'immigration comprenant tous les droits acquis en terme de prestations d'éducation, de logement, de santé, de lutte contre la délinquance, à 36 milliards d'euros par an. Soit 80% du déficit public, 13,5% des dépenses publiques, 3,5 fois la dette de la sécurité sociale.

Y.M Laulan :

« Il ressort que chaque immigré qui franchit la frontière (250 000 par an) coûte 100 000 euros par an à la collectivité nationale, soit vingt fois plus que les Corses.[&] Nous rejoignons ainsi les calculs de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, qui estimait voici plusieurs années à quatre fois son salaire annuel le coût d'installation d'un immigré. A ceci près que M Allais estimait qu'il s'agissait d'un coût effectué une fois pour toutes alors qu'il s'agit ici d'un coût annuel. »

Mr Laulan cite Maurice Allais, un des plus grands économistes français, dont les travaux sont ignorés des médias car politiquement très incorrects, que ce soit sur les relations entre la mondialisation et le chômage, son opposition à la Constitution Européenne et en ce qui nous concerne, le coût de l'immigration.

Un rapport d'étape de la mission d'évaluation sur l'immigration confiée par le Ministère de l'Intérieur à Richard Castera, inspecteur général de l'administration, en septembre 2005, fut éventée par le quotidien Le Monde. Extraits:

« La France n'a plus, dans l'état actuel de son économie, les moyens d'accueillir des immigrants. [&] [Elle] n'a d'autres choix que de réduire, au moins pendant quelques années, le flux des personnes entrant sur son territoire. [&] Faute de quoi, elle s'expose à de nouvelles explosions comme celle qu'elle a connue en novembre dans les banlieues. »

- Dans le domaine du logement : « Les capacités d'accueil des populations immigrées sont donc totalement saturées. Et les premières victimes de cette réalité sont les étrangers ».

- Le vieillissement de la population ne rend pas nécessaire le recours à l'immigration : « Le chômage et le sous-emploi [&] offrent des gisements considérables de main-d'oeuvre. [&] Si des emplois sont à pourvoir, la priorité doit être impérativement accordée à réduire le chômage, et notamment celui des immigrés déjà présents en France »

Autre travail d'expertise, celui de Gérard Pince, docteur en économie du développement, professeur de développement durable au Collège of Global Economics/Earthnet Institute, (Etats-Unis). L'économiste, adoptant les techniques de la comptabilité analytique usant de clés de répartitions effectuant une différenciation entre immigrés européens, immigrés extra-européens et population d'accueil, dissèque les grands agrégats économiques (revenu initial, protection sociale, revenu disponible, consommation effective dépenses et recettes publiques, VA et PIB). Les conclusions de son étude, destinées à être publiées sous forme de livre courant 2006, aboutissent aux mêmes ordres de grandeurs que les travaux des professeurs Jacques Bichot et Gérard Lafay. Avec une marge d'erreur de 10%, l'économiste élude :

« Les immigrants et leurs descendants des pays tiers disposent de faibles revenus initiaux qui sont majorés par une vigoureuse politique de redistribution sociale. Cette politique se traduit par une détérioration des Finances publiques et des comptes sociaux : l'immigration des pays tiers se solde par un déficit annuel de 50 milliards d'euros qui représente 84% du déficit global de l'Etat (60Mds en 2004). »[6]

Gérard Pince, qui travailla en Afrique avec des équipes de la banque mondiale et du FMI n'est pas un apprenti sorcier s'acharnant sur « le bouc émissaire de l'immigration ». Ses conclusions pourront être vérifiées par des experts lors de la publication de son rapport, dont la revue « monde et vie » apporta en exclusivité les conclusions en mars 2006.

Le docteur précise également qu' « au niveau du produit intérieur brut, les caractéristiques sociaux-économiques de l'immigration des pays tiers entraînent en 2004 une moins value de 67 milliards d'euros, ce qui représente annuellement une perte de 1100 euros par habitant [&] en définitive, cette immigration appauvrit l'économie française au lieu de contribuer à son développement. »[7]

Immigration et chômage

Le chiffre de 5%[8] (en 2003) de travailleurs parmi les bénéficiaires de titres de séjour, anéanti complètement les tenants de la poursuite de l'immigration censée sous tendre la croissance économique. En 2005, sur 165 000 titres de séjours délivrés, seul 11 400 l'ont été pour raisons professionnelles, soit 7 %, guère plus que les années précédentes. Dès lors, comment Thierry Breton peut-il affirmer au journal Le Monde : « Si nous voulons continuer à être une grande nation, il faut savoir attirer. Le solde migratoire est un bon indicateur. Il sous-tend la croissance » alors que les travailleurs représentent une infime minorité des masses migratoires arrivantes selon les rapports du ministère de l'Intérieur. De même on peut s'étonner que relever le lien entre immigration et chômage soit dénoncé comme du populisme, alors que le parallèle était librement mis en évidence jusquà la fin des années 1980, où une véritable chape de plomb est venu interdire tout propos politiquement incorrect . Par exemple, Jacques Chirac le 19 février 1976 exprimait dans le quotidien Le Monde : « Il ne devrait pas y avoir de problème de chômage en France, puisqu'il y a un million de chômeurs et un million huit cent mille travailleurs immigrés ». Le 30 octobre 1984, dans un entretient accordé à Libération, il avance la même idée : « s'il y avait moins d'immigrés en France, il y aurait moins de chômage, moins de tensions dans certaines villes et certains quartiers. » Vingt ans plus tard, le Président n'oserait pas reprendre le quart de ces affirmations, évidences seulement assumées malheureusement aujourd'hui par ce qui est communément appelé l' « extrême droite. »

Pour l'économiste Jacques Bichot, afin de réaliser un chiffrage plus affiné sur le coût de l'immigration, il est plus réaliste d'utiliser comme sujet d'étude la catégorie des « allochtones » formée par les étrangers naturalisés français ainsi que les étrangers qui le sont restés. Pertinente, cette catégorisation est utilisée officiellement aux Pays-Bas. Comme le souligne le professeur « le fait d'acquérir la nationalité française n'abolit pas d'un coup de baguette magique toutes les conséquences d'une installation sur le territoire français réalisé quelques décennies auparavant. [&] On remarque aussi l'importance croissante du nombre de « Français par acquisition nés en France », qui font parti de la seconde génération, et sont à prendre en considération quand on étudie l'effet des immigrations sur les comptes sociaux et bien d'autres sujets. »[9]

Selon une extrapolation de données ANPE tirées de l'enquête DARES « trajectoire des demandeurs d'emploi », qui fournit des données comprenant les français de parents étrangers, Jacques Bichot relève que le nombre de chômeurs allochtones extra européens est de 510 000 sur 1,5 millions d'actifs. L'enquête emploi de l'INSEE de janvier 1999[10] fait ressortir que la provenance des immigrés est fortement corrélée à la moyenne des taux de chômage des différentes provenances. Ainsi, pour les immigrés originaires de l'UE, le taux de chômage des hommes est de 9% et les femmes 10%. Pour les immigrés originaires d'Afrique, le contraste est saisissant : 29% et 35% respectivement pour les hommes et les femmes venus d'Algérie, 32% et 44% pour leurs homologues venus du Maroc et 28% et 38% pour les hommes et femmes originaires d'Afrique hors Maghreb. En mars 2005, lObservatoire de lANPE a produit un rapport sur la population des demandeurs demploi de nationalité étrangère, la nationalité étant celle enregistrée lors de linscription à lagence. Les résultats font état que la proportion détrangers parmi les demandeurs demploi est restée stable entre 1997 et 2004 (11 %), que 45 % de ces demandeurs sont issus des pays du Maghreb, quen Île-de-France 23 % des demandeurs demploi sont de nationalité étrangère, que les allers-retours entre chômage et non-chômage sont plus fréquents et quenfin léloignement de lemploi des demandeurs demploi européens est plus faible que celui des autres étrangers.

En mars 2006, le président de la commission des Finances de lAssemblée, Pierre Méhaignerie, et le député de la Sarthe Béatrice Pavy ont présenté lanalyse des « perspectives démographiques de la France et de lEurope à lhorizon 2030 » commandée aux démographes Gérard-François Dumont, président de lassociation « Population et Avenir », et à Jean-Marc Zaninetti. Pour les démographes, les réserves de main d'Suvre en France sont suffisantes et le recours à l'immigration est injustifié économiquement, du moins pour les quinze années à venir. Si la fécondité se maintient, la France, qui « ne devrait pas avoir de pénurie globale de main-d'Suvre avant 2020 », na « pas intérêt à souvrir plus largement à limmigration ». « Cela ninterdit pas de penser quun appel ciblé à des immigrants, dans des secteurs dactivité où des goulets détranglement vont inévitablement se faire jour, soit une solution raisonnable ».

Les étudiants étrangers

Le coût de la scolarité de l'étudiant étranger est à la charge de l'Etat à hauteur de 8000 euros par individu, qui lui-même s'acquitte d'une somme forfaitaire de 150 euros. En considérant le chiffre de 40%, officiel, des 250 000 étudiants étrangers qui quittent l'université sans licence, le gaspillage pour ces 100 000 étudiants au bonnet d'âne est de 800 millions d'euros, ou 5 milliards et 250 millions de francs. Par an, c'est cher payé pour importer une immigration sous qualifiée vouée à faire souche sur un territoire incapable d'assimiler les vagues précédentes.

Les familles polygames

Les estimations du nombre de familles polygames en France sont de 30 000, comprenant en moyenne 12 enfants, cela porte à plus de 350 000 les personnes vivant selon ce mode de vie. Posons le cas d'une famille polygame classique, avec 2 femmes. La seconde épouse est considérée par la CAF comme un « parent isolé ». Elle touche donc l'Aide aux Personnes Isolées (API) qui s'élève à 707,19 euros, pour un parent seul avec 1 enfant, auxquels on ajoute 176,8 euros par enfant supplémentaire. Les services d'Etat estimant à 12 le nombre d'enfants moyen des familles polygames, l'autre épouse touche donc chaque mois 733,56 euros. Si trois de ses enfants ont moins de trois ans, elle a droit à l'allocation pour jeunes enfants, soit 161,66 euros × 3, soit 484,98 euros. Elle bénéficie également comme « parent isolé » de l'allocation logement, soit environ 300 euros. Avec 6 enfants elle n'a pas le temps de travailler et si elle est musulmane, travailler au contact d'hommes peut lui être interdit. Elle recevra donc le RMI pour une personne seule : 417,88 euros + 167,15 euros par enfants, soit 1420,78 euros. Si ses trois aînés sont en âge d'être scolarisés, elle reçoit 722,83 euros d'allocations de rentrée scolaire. Soit un total de 4594,91 euros.

Pour la seconde famille de six enfants( hypothèse : deux en bas âge, quatre au dessus), on obtient de même 978,08 euros d'allocations familiales, 323,32 euros d'allocation logement, le RMI pour deux personnes plus 6 enfants (1573,98 euros), plus les allocations de rentrée, soit 1030,44 euros (85,87 euros mensuels). En récapitulant, on obtient 7856,16 euros par mois , soit 51 533 francs.

Pour 30 000 familles, on arrive au chiffre de 235 millions d'euros.

Les soins

Le nombre titres de séjour délivrés à des étrangers pour raisons médicales a été multiplié par seize en quatre ans seulement, d'un millier en 2000 à 16 000 en 2004. Les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) croulent sous les demandes de prise en charge. En Seine-Saint-Denis, département leader de l'immigration avec 30 % de population étrangère, le nombre de demandes a été multiplié par 30 entre 1998 et 2005 : de 198 à 5 900. (&) Sur les demandes enregistrées en 2005, le taux de réponses positives ne dépasse pas 30 %. « Derrière ces 5 900 dossiers, ce sont en fait 18 000 personnes qui sont concernées, car il y a généralement un accompagnant et un enfant », décrypte Christian Bruel, médecin inspecteur de la Ddass de Bobigny. (&) Les étrangers bénéficiant d'un titre de séjour pour raisons médicales proviennent à 73,6 % du continent africain. »[11]

Le coût de l'immigration clandestine

Un rapport de la Cour des Comptes sur l'exécution de la loi de finance 2002 met en évidence le coût des dispositifs d'hébergement des sans papiers et demandeurs d'asile :

« Les dépenses opérées au titre de l'action sociale en faveur de la lutte contre l'exclusion et l'intégration atteignent 1,013 milliards d'euros, marquant une progression de 7,7% et de 18,6% depuis 2000, qui est liée à la forte augmentation des besoins d'hébergement d'urgence pour les ressortissants étrangers en transit sur le territoire, en attente de régularisation ou demandeurs d'asile ».

L'aide médicale d'Etat (AME) crée en 1999, permet aux étrangers avec ou sans titres de séjours (clandestins) de bénéficier de soins gratuits. C'est une idée généreuse, dont la France peut s'enorgueillir, car c'est une attitude unique au monde. Mais économiquement, la France croulant sous une dette publique de plus de 2000 milliards d'euros, l'AME n'est financée qu'au prix d'une aggravation de celle-ci. Cela peut contribuer à tendre, si les créanciers étrangers ( 56% de la dette française était financée par des créanciers étrangers en 2005) refusent de se risquer à continuer à participer au train de vie déraisonnable de la France, vers une crise économique de grande envergure. L'AME c'est 74 919 bénéficiaires en 2000 et&178 689 en 2005. Soit 470 millions d'euros en 2005. La France n'a pas les moyens d'offrir des soins médicaux aux étrangers, et, cas de maladies graves, risques pandémiques et personnes en danger de mort exclu, des mesures limitatives devront être prises inéluctablement.

La prime au retour

Le premier passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur marqua l'arrivée d'une politique différente envers le problème de l'immigration clandestine. Aux clandestins et résidents légaux maliens, le ministre annonça une prime de 7000 euros par personne, ce qui compte tenu du pouvoir d'achat au Mali, peut paraître une incitation intéressante à première vue. A première vue seulement car les étrangers en situation régulière en France bénéficiant à la fois des allocations familiales, du RMI pour les chômeurs et des soins gratuits sans ticket modérateur ( Aide Médicale d'Etat). Ainsi, le calcul n'est pas si évident que ça. Le calcul devient néanmoins intéressant pour les Maliens rêvant de passer quelques temps en France, paradoxalement, on crée une nouvelle pompe aspirante sous couvert d'humanisme. La prime précédente au retour s'élevait à 3660 euros, Nicolas Sarkosy , en doublant la mise, voulait « multiplier par dix » le nombre de retour annuels au pays. Mais l'incitation au retour fit choux blanc : 120 bénéficièrent de l'offre en deux ans et demi, sur 120 000 Maliens résident en France, dont 60% de façon illégale. Non content de rester sur cet échec, le ministre annonce en juin 2006 la généralisation de la prime (réévaluée pour le coup à 13 000 par couple avec enfant) à tous les illégaux en France.

La prime au clandestin

Dans le Figaro du 17 octobre 2005, Catherine Vautrin, ministre délégué à la Cohésion sociale et à la parité, annonça une mesure d' «aide au retour » budgétée à hauteur de 10 millions d'euros, consistant à soutenir les clandestins, il est vrai, le plus souvent miséreux. Mais n'est-ce pas créer un nouvel appel d'air ? La ministre s'exprime dans l'entrevue :

« Pour favoriser le départ des irréguliers, lincitation financière sera très forte. Chaque adulte recevra 2 000 euros, un couple 3 500 euros, puis 1 000 euros seront alloués par enfant jusquau troisième et 500 euros pour les suivants. Un couple avec trois enfants percevra ainsi 5 000 euros qui lui seront versés au cours de la première année de sa réinstallation dans le pays dorigine. Les services de lEtat apporteront un soutien logistique à la famille. La prise en charge dune famille de sans-papiers avec deux enfants pendant un an dans un accueil durgence coûte 8 000 euros sans aucune perspective au bout » Nourrir, loger, chauffer une famille de 4 personnes avec 650 euros par mois relève du difficile, les 8000 euros annuels paraissent sous-évaluées, d'autant plus que les familles africaines sont souvent nombreuses. En avril 2006, Nicolas Sarkozy confirme le budget des dix millions d'euros pour les hors la loi, espérant faire en bénéficier mille cinq cent familles. Cette aide est un aveu d'échec du gouvernement qui n'ose renvoyer de manière musclée ceux qui violent le territoire national. En achetant leur volonté de retourner au pays, l'UMP se fourvoie dans une logique où l'entrée clandestine n'est plus considérée comme un manque de respect, comme un délit, comme une faute méritant sa sanction. Au contraire, la violation de la loi est récompensée par une prime. Un récent rapport du Sénat a chiffré le coût de la prise en charge des illégaux dans des hôtels à 300 millions d'euros. Il est grand temps de déculpabiliser les expulsions des clandestins, en prenant évidemment en compte la souplesse de traitement que méritent des familles souvent pauvres avec de jeunes enfants. D'ailleurs, il est absurde de vouloir expulser des enfants étrangers qui ont commencé une année scolaire, l'Etat ne peut se déjuger en cours d'année: toute année commencée doit être finie. Expulsion, oui, mais dans la dignité humaine, dans des conditions de transport décentes, avec nourriture et appui sanitaire indispensable. Sans fermeté, et s'abandonnant aux discours culpabilisateurs des groupuscules « droits-de l-hommistes » la France finira engloutie par les peuples du Sud. Il est grand temps de saisir l'ampleur et la portée de la question migratoire, en présentant toutes les données du problème au peuple français, afin qu'il puisse juger en connaissance de cause sa gestion -pour le moins discutable- de ces trente dernières années.

[1] Pierre Milloz , énarque, docteur d'Etat en droit, diplômé de l'Institut d'Etudes politiques de Paris fut inspecteur général honoraire du ministère de l'Industrie.

[2]Pierre Milloz, Le Coût de l'immigration, éditions nationales, 1990-1996

[3] Ibid, p.13

[4] Jacques Bichot, professeur dEconomie à lUniversité Lyon 3, membre du Conseil économique et social.

[5] Yves-Marie Laulan, économiste et banquier (Société Générale), membre de plusieurs cabinets ministériels successifs puis de grandes institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, OTAN), ancien directeur du Crédit Municipal de Paris

[6] Gérard Pince, bilan économique de l'immigration, monde et vie, 11 mars 2006. n°760, p.10

[7] Ibid. p.11

[8] Sur 173 000 titres de séjours en 2003, 5% des récipiendaires avaient un contrat de travail. Rapport annuel de l'Observatoire de l'immigration et de l'intégration, 8/11/2004

[9] Ces migrants qui changent la face de l'Europe, Institut de Géopolitique des Populations, l'Harmattan, 2004, p.142

[10] INSEE, enquête emploi, M.A Mercier, F.Brunet, Thave, 1999-2000

[11] « L'immigration sanitaire en pleine explosion. Etrangers : De plus en plus de recalés du droit d'asile tentent de forcer la porte du séjour en France en faisant valoir des raisons médicales », Marie-Christine Tabet in « Le Figaro » du 25/01/06

Commentaires

Je me demande si la volonté politique de « faire quelque chose » est bien présente. En effet, pour quelle raison le dépôt obligatoire du passeport ainsi que le relevé complet des empruntes pour tous dépôts de demande en « réfugier politique » auprès de l’OFPRA dans l’attente de l’étude du dossier pour la prise de décision n’est-elle pas prévue ? Cela éviterait que les très nombreuses personnes dont les demandes sont non fondées ne se perdent dans la nature en établissant de fausses pièces d’identité de manière à dissimuler leurs pays d’origine. Le relevé d’empruntes est tout naturel pour l’établissement d’une carte nationale d’identité. A cause de ces dispositions connues depuis longue date, une majorité d’arrêtés d’expulsions sont prononcés par les préfets mais très peu de reconduites à la frontière…Il me parait beaucoup plus logique, plus humain et infiniment moins onéreux de prendre des mesures préventives plutôt que répressivent peu efficasses. Pendant ce temps une partie des médias appuyés par certains politiques stigmatisent l’opinion publique sur des cas isolés de pauvres gens en séjour irrégulier.

Ecrit par : DurantP | 19.11.2006

Entièrement d'accord avec vous. Et quand vous pensez que de certains sites d'apparence touristique en Afrique avec mode d'emploi pour venir irrégulièrement en tout impunité en Europe existent cela devient tout simplement allucinant ... Si vous ne me croyez pas voici un exemple :
http://www.senegalaisement.com/
Sur la page d'accueil, à gauche en colonne sur un fond orange jaune, il y a différentes rubriques "Accueil - Dakar - Régions etc …"
Cliquez sur une d'entre elles sauf "Accueil"
Relisez maintenant la liste, vous y trouverez une nouvelle rubrique qui s'appelle "Venir en Europe". - Cliquez dessus et lisez....
Pour gagner du temps voici le lien direct sur le site :
http://www.senegalaisement.com/senegal/venir_en_france.php

Ecrit par : Daniel | 21.11.2006

nous avons déjà vu effectivement ce genre d'annonce...les patriotes sénégalais désespèrent de voir fuir ses forces vives quelquefois au péril de leur vie...ne rendant service ni à leur pays d'origine ni à ceux d'accueil où ils entrent par infraction aux lois républicaines, mais bénéficient de droits payés par les contribuables, en attendant d'obtenir des papiers, ils squattent misérablement, travaillent "au noir" etc...Il faut avec VILLIERS, le courageux, comme le dit une chanson "rétablir l'équilibre"!

Ecrit par : eloi | 21.11.2006

Oui, probablement il est donc

Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009

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